Antifascistes encore et toujours :
Dans notre communiqué précédent, nous avons alerté sur les manifestations et discours
fascisants qui ont déjà des conséquences concrètes sur nos conditions de travail et d’études
à l’Université. Ainsi par exemple, la manifestation néo-fasciste du samedi 21 février a
entraîné la fermeture préventive des BU et de locaux de nombreuses universités lyonnaises,
et plusieurs organisations politiques et syndicales ont été victimes d’attaques dans leurs
locaux et de menaces à la bombe. C’est un renversement de valeurs qui opère sous nos yeux :
la préfecture autorise les manifestations réactionnaires et néonazi dans la rue, tandis que le
ministère de l’ESR interdit les réunions et débats politiques sur les campus !
Nous refusons la confusion dangereuse des discours de l’extrême droite qui renvoie dos-à
dos du fascisme et de l’antifascisme. Le second n’existe qu’en réponse au premier, violent et
destructeur.
Les restrictions budgétaires précarisent les personnels et les étudiant·es
L’austérité budgétaire qui nous est imposée est l’une des composantes réactionnaires du
paysage politique. Le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche pour 2026 est
un nouveau coup de massue. Les 32 milliards d’euros prévus ne sont rien à côté des 58
milliards pour l’armée, et des 211 milliards d’aide publique aux entreprises. Pour 2026, 80%
des Universités ont voté un budget en déficit. Ces dernières années dans l’ESR, les effectifs
des personnels ont très légèrement augmenté (+2,6% sur 10 ans), alors que le nombre
d’étudiant·es a bondi de +20 % entre 2014 et 2024, passant de 2,5 millions à 3 millions. Aussi,
la précarité des personnels s’est accrue, en atteignant 36% de contractuel·les. Parmi ces
dernier·ers, 70% sont des femmes dont près de la moitié en catégorie C (catégorie la moins
bien rémunérée du service public). Il manque aujourd’hui au moins 8 milliards d’euros pour
répondre aux besoins de l’enseignement supérieur public. L’austérité détériore
profondément le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, jusqu’à en
menacer l’existence même.
Les mesures réactionnaires qui menacent le service public de l’ESR
Les Universités sont aujourd’hui la cible des pires mesures réactionnaires. C’est le cas par
exemple de la réforme « Bienvenue en France » qui vise à faire payer plus cher les frais
d’inscription des étudiant.es extracommunautaires. Une mesure renforcée dans le budget
2026 qui exclue des APL les étudiant.es non boursiers non européens. Par ailleurs, le
gouvernement réfléchit à faire incomber le financement des Universités aux collectivités
territoriales, ce qui soumettrait l’Université au bon vouloir des barons de la politique locale.
L’ensemble de ces attaques témoigne du risque qui pèse sur les Universités quand l’État se
désengage du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche en laissant
l’Université aux mains des réactionnaires : heurt aux libertés académiques ; restrictions
d’accès aux études pour toutes et tous ; dégradation des conditions de travail et d’étude ;
précarisation du personnel…
L’ENS n’est évidemment pas en reste dans cette « libéralisation » pour ne pas dire
« privatisation » du service public de l’enseignement supérieur : création d’un diplôme
« maison », sans titre, qui ouvre la voie à la hausse des frais d’inscription modulables à
chaque réunion du CA (instance très peu démocratique), et surtout, l’ouverture du
mécénat privé via une fondation « éthique » (!). Des entreprises aux mains pas toujours
« propres » (entreprises polluantes, aux pratiques néocolonialistes, prédatrices des
ressources naturelles, ne payant pas toujours ses impôts…), spécialisées dans
l’ «optimisation fiscale » mais biberonnées d’argent public vont pouvoir subventionner
l’ENS en lieu et place de l’État, et participer directement ou indirectement à la politique
scientifique (voir les articles du Collègue de France, Sorbonne université, École
Polytechnique…).
Adieu la gratuité des études, vive l’externalisation, la privatisation, la concurrence.
Mobilisons-nous dans les semaines et mois à venir !
Nos organisations réunies proposent de se tenir prêt.es à réagir dès les prochains mois :
10 mars, 11h30-13h30 – A l’appel de l’intersyndicale ESR national : Rassemblement contre
les suppressions de postes dans le service public de l’ESR et la mise au pas des universités
et des organismes nationaux de recherches par leur sous-financement chronique. Rendez
vous devant le rectorat de l’Académie de Lyon (92 rue de Marseille, 69007 Lyon).
Les organistions signataires : CGT de l’ENS LYON – Solidaires étudiant.es de l’ENS LYON
Défendons nos établissements d’enseignement supérieur contre les politiques austéritaires et réactionnaires
